Un ambassadeur est parti ce matin porter aux dirigeants de Blackacre une corbeille de fruits, symbole des volontés pacifiques de l'Arcturia Wasteland envers cette petite nation.
Cette main tendue à ce voisin avec lequel nous avons un lourd passé de conflits survient après la tentative d'attentat contre la vie de notre souverain bien aimé, en début de semaine. Les forces de sécurité du royaume avait alors procédé à de multiples arrestations, dont deux personnes qui se sont révélées être des agents des services secrets blackacriens.
Une décision qui ne fait pas l'unanimité
Si l'ensemble du gouvernement a salué la décision pacifiste qui avait finalement été trouvée, tous les responsables politiques arcturiens ne partage pas cet avis. Pas plus que d'autres personnalités non politisées, telles que le premier conseiller militaire de Sa Majesté, Warren McCue.
« C'est ridicule, tout bonnement ridicule ! » s'est-il exclamé face aux journalistes. « La seule réponse valable dans ce genre de cas est la loi du talion, pas ce genre de mesurette. Avec ce gouvernement de femmelettes, nous n'irons pas loin. »
La célèbre présentatrice de télévision Elizabeth de Groot va plus loin encore. Elle estime que le royaume ne peut se permettre de conserver un potentiel ennemi aussi dangereux à ses portes et devrait, à l'image de la république romaine lorsqu'elle fut menacée par Carthage, raser les citésde Blackacre et en saler la terre, afin que plus jamais quiconque ne puisse y faire pousser le plus petit soupçon de menace contre nos institutions.
La communauté internationale dans l'expectative
La décision du gouvernement a pris de court les institutions internationales, dont la plupart des pays membres annonçaient hier que le conflit armé étaient l'issue la plus prévisible à cette situation.
« Nous n'avions jamais envisagé un tel scénario. C'est la première fois que je vois une tentative comme celle-ci pour renouer le dialogue avec un état belliqueux » nous rapportait un diplomate.
Une source proche du gouvernement nous informait d'ailleurs au même instant que la solution adoptée n'était pas la première à avoir été envisagée — et qu'elle ne l'aurait même pas été du tout sans une intervention extérieure.
Cette intervention, c'est celle de Beth Lopez, militante anti-violence, qui s'était infiltrée au sein même du siège du pouvoir pour faire entendre sa voix et que les projets présentés au Conseil ont achevé de convaincre.
« Ils voulaient envoyer l'armée, mener nos deux nations à la guerre » nous a-t-elle confié. « Mais ce n'est pas aux peuples de payer le prix de la folie de leurs dirigeants ! Vous savez, je suis mère de famille, et je pense que deux pays qui font des bêtises doivent être traités comme des enfants dissipés. Alors j'ai dit d'envoyer cette corbeille de fruits. »
Espérons donc que cette initiative originale portera... ses fruits !

