mardi 22 novembre 2011

De l'art ou des cochons ?

Le Ministre de la Culture a été fermement critiqué par des membres de l'opposition au gouvernement après qu'un décret a été publié pour favoriser l'art du graff dans les rues du Royaume.

« C'est simplement irresponsable... » nous affirme Pieter Fold, porte-parole du Parti d'Avant. « Nos villes sont peu à peu défigurées et le gouvernement encourage ces pratiques. Nos concitoyens en ont assez de se prendre toute cette vulgarité dans les yeux dès qu'ils sortent de chez eux. »

Dans les délégations culturelles, on tente une médiation pour expliquer plus en détail la décision ministérielle. Le tout-nouveau Conservateur des Rues, Jean Vieder, explique ainsi que tout ne sera pas permis.
« Nos détracteurs refusent de voir plus loin que le bout de leur nez. Le décret est pourtant très clair sur le sujet : tous les bâtiments ne seront pas autorisés aux graffeurs, et les œuvres insultantes ou choquantes pourront être déplacées — voire interdites. »

 « Enfin quelque chose de nouveau ! »

Du côté des critiques d'art, on se réjouit de la décision gouvernementale. Plusieurs magazines spécialisés ont ainsi annoncé la publication prochaine de numéros consacrés à ces artistes décriés.

« Cet art urbain est une merveille. » déclare Efthamia Fellow, directrice d'une célèbre revue. « Regardez tout ce mouvement, toutes ces couleurs, et ces références culturelles ! »
Après n'avoir pas tari d'éloges sur un tag injurieux, elle ajoute : « C'est un devoir, pour notre société, d'encourager ces futurs Rembrandt, de ne pas les laisser tomber ! Souvenez-vous bien que tous les précurseurs ont un jour été persécutés parce que leur art se dégageait des canons de l'époque : pensez à Courbet, Monet, Picasso... »

L'information — et la formation — reste encore à mettre en place dans les centres culturels, pour faire accepter aux citoyens lambdas que ces “hideuses dégradations” seront peut-être demain des chefs-d’œuvre universellement admirés.

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